C’est vraiment si dur, l'UTMB ?
On est allé poser la question aux athlètes et aux experts
Quand on aime le trail, l’UTMB, on connait. Mais savez-vous vraiment tout sur cette course mythique ?
Tout au long de l’été, notre mini-série Cham’ Stories débarque dans vos boites mail, un mercredi sur deux, pour plonger dans les coulisses de l’UTMB. Que vous soyez curieux, passionné, que vous rêviez de courir l’UTMB ou que vous le prépariez déjà, cette série est pour vous !
Dans l’épisode d’aujourd’hui :
Est-ce que c’est vraiment si difficile, l’UTMB ? On est allé poser la question à plusieurs spécialistes, qui nous ont parlé de plein d’enjeux passionnants.
Deux de nos athlètes, Jean-Philippe Tschumi et Anne-Lise Le Quéré, vous ont préparé un petit message vocal pour vous raconter où ils en sont dans leur préparation, à deux mois du départ de l’UTMB.
Un chouette film pour découvrir l’UTMB à travers les yeux de Mathieu, un coureur amateur qui jongle entre son boulot, son rôle de papa et le rêve de cette ligne d’arrivée à Chamonix.
Et l’opportunité de remporter du matos de trail : on vous dit tout en fin de newsletter !
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Cham’ Stories est un projet soutenu par la marque Kailas FUGA.
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C’est la course de tous les superlatifs : au fil des années, l’UTMB s’est forgé un mythe. Y participer, qu’on soit athlète professionnel ou traileur amateur, c’est comme jouer la finale de la Coupe du Monde.
Et pourtant, des courses en montagne de 170 km et 10 000 m de dénivelé, on en trouve plein d’autres.
Alors on s’est posé la question :
C’est vraiment si difficile, l’UTMB ?
Pour tenter de répondre à cette question, on est partis à la rencontre d’athlètes et d’experts qui avaient plein de choses super intéressantes à nous apprendre sur cette course.
Spoiler : personne ne nous a dit que c’était facile.
Au fil de ces conversations, on a identifié 6 raisons pour lesquelles l’UTMB, c’est même plutôt… franchement costaud.
Bonne lecture !
1. Parce qu’on a l’impression de connaitre
La première fois que vous allez à Chamonix pendant l’UTMB, la sensation est assez marrante. C’est un peu comme quand vous êtes fan de séries américaines, et que vous mettez les pieds à New York : tout parait très familier.
Et pour cause : des images de cette course, on en a tous vu un paquet. Depuis plusieurs éditions maintenant, l’organisation met en place un dispositif audio-visuel qui permet de retransmettre la course en live sur YouTube, et depuis peu à la télévision. Ces dernières années, les réseaux sociaux et la multiplication du nombre d’influenceurs présents sur l’événement n’ont fait que renforcer cette impression de déjà-vu.
Résultat, les coureurs arrivent sur la ligne de départ avec un biais pas si facile à gérer : “il n’y a plus la surprise”, analyse Sylvain Saudan, organisateur du premier Super-Marathon du Mont-Blanc, en 1987. “L’excès de films et de photos a impacté le mystère et banalisé l’exploit.”
C’est exactement le piège dans lequel beaucoup de participants tombent la première fois qu’ils courent l’UTMB : ils ont l’impression de connaitre.
Valentin Orange fait partie des 3 athlètes FUGA qu’on suivra dans Cham’ Stories tout au long de l’été. Il nous a raconté sa première participation à l’UTMB, en 2024 (il finit par abandonner à La Fouly, après 115 km de course) :
J’étais venu pour la perf, à mon niveau. Je pensais que je pouvais maîtriser cette course, alors qu’il y a tellement de témoignages de gens qui disent que ton premier UTMB, il faut faire très attention. Tu regardes, même Katie Schide, son premier UTMB, elle le fait en plus de 27 heures.
On connaît tous les temps de passage à tel endroit, à tel ravito, on se souvient des images, tu as plein de références, tellement de data sur d’autres coureurs que tout ça peut finir par te fausser. Au final, on en oublie que 170 km, c’est énorme. Tu minimises la distance et tu minimises le chantier que c’est.
💡 On vous parlait juste au-dessus du Super-Marathon du Mont-Blanc, l’ancêtre de l’UTMB. Pour les quelques pionniers qui ont tenté l’aventure, en 1987, pour le coup, c’était l’aventure ! On vous raconte tout sur cette course et sur l’histoire de l’UTMB dans le dernier épisode de Cham’ Stories : foncez le découvrir, si vous ne l’avez pas encore lu !
2. Parce qu’il faut (beaucoup) s’entrainer
Préparer l’UTMB, ça demande évidemment une bonne dose d’entrainement.
Les pros, c’est leur boulot : Jean-Philippe Tschumi, par exemple, s’entraine 6 jours par semaine. Au menu, 2 séances d’intensité, des enchainements vélo/course à pied, des sorties longues, parfois deux entrainements dans la journée, et lundi, repos. Chez les pros, la récupération fait partie intégrante des journées d’entrainement. Et ça, ça fait une vraie différence.
Chez les amateurs, la prépa UTMB, c’est souvent autour de 6 entrainement par semaine, entre les séances de course à pied et les sorties vélo, qu’il faut réussir à caler dans un quotidien souvent bien occupé.
C’est quoi, une bonne prépa UTMB, pour monsieur et madame tout-le-monde ?
On est allé poser la question à Joseph Mestrallet, alias Monsieur Data, le Performance Scientist qui a accompagné Tom Evans lors de sa victoire sur l’UTMB 2026 :
Certains coureurs se mettent la pression, font très attention au matériel, alors qu’en fait ce qui est important, c’est d’avoir du volume. Il faut faire des sorties longues et du dénivelé, positif et négatif. Les gens ont tendance à ne pas en faire assez, surtout quand tu habites en ville. Le D+, tu peux le remplacer par des courtes montées que tu répètes, mais le D-, tu ne peux jamais le remplacer par des descentes courtes. L’effort d’une heure de descente, tu ne peux pas le retrouver en dehors de la montagne.
Après, il faut pas en faire trop non plus, sinon c’est la blessure assurée. Certaines personnes récupèrent un plan d’élite et essaient de faire la même chose, mais tu vas te fracasser. Le contexte n’est pas du tout le même : un pro, il s’entraîne depuis 15 ans, il peut dormir, se reposer, avoir un kiné, tout est fait pour la récupération. Toi, tu fais du trail depuis 4 ou 5 ans, tu as un boulot à côté... C’est une des choses auxquelles il faut faire vraiment attention : ne pas trop en faire.
💡 Avec ou sans coach, la prépa ?
Cette année, Tschumi a choisi de se faire accompagner par un coach, un gros changement dans son approche. Sa réflexion sur le sujet est super intéressante : “je me suis toujours géré seul, et puis après cette grosse blessure l’an dernier, je me suis dit que je devais quand même faire quelque chose d’un peu faux.
La programmation, c’est aussi une vraie charge mentale. Avec un coach, j’ai une fatigue en moins et je fais plein de choses que je ne faisais pas. Quand tu bosses seul, tu travailles tout le temps les mêmes choses : je faisais des grosses sorties, du gros dénivelé, parce que c’est ce que j’aime faire. Au bout d’un moment, tu ne progresses plus là-dedans. Il y a plein d’autres entraînements, des intensités, de la vitesse, que je n’avais pas envie de faire, mais que mon coach me dit de faire maintenant. Là, je rentre d’une séance de 12x 1 min, j’étais au bout de ma vie, mais c’est cool quoi !”
3. Parce que ça va faire mal aux jambes, et à la tête !
Pour boucler l’UTMB, il faut bien sûr des jambes solides… mais aussi un mental costaud !
Déjà très répandu dans d’autres sports, le sujet de la préparation mentale arrive progressivement dans le trail. Les pros s’en emparent de plus en plus, et vous êtes nombreux à vous intéresser à la question. Pour préparer une échéance comme l’UTMB, tout une partie du travail se fait… dans la tête. Alors, ça veut dire quoi au juste, préparation mentale ?
Pour creuser le sujet, on est partis à la rencontre du préparateur mental Clément Mérot, qui a notamment accompagné l’ultra-traileur Théo Détienne.
Clément nous a donné une définition super intéressante :
La préparation mentale, ça consiste à développer des habilités mentales dans un objectif de bien-être et de performance. Dans cet ordre : généralement, c’est la sérénité qui fait que tu vas être dans la performance.
De la même manière qu’il y a des habilités physiques (endurance, musculation, résistance à l’effort, etc.), tu as des habilités mentales (concentration, motivation, adaptabilité, gestion de la fatigue, comparaison aux autres, gestion du stress sur la ligne de départ, etc.). L’idée, c’est de pouvoir se situer sur ces différentes habiletés, puis, de la même manière que tu bosses le physique à l’entraînement, de travailler dessus pour progresser.
💡 La préparation mentale : seul ou accompagné ?
Pour Clément Mérot, rien ne remplace l’accompagnement d’un préparateur mental : “il y a des petits outils que tu peux mettre en place, autour de la visualisation ou des exercices de respiration par exemple. Le problème, c’est que beaucoup de gens arrêtent au bout d’une semaine parce qu’ils ne comprennent pas vraiment les mécanismes derrière. L’enjeu, c’est plutôt de les faire durer : sur un ultra, au 70ème kilomètre, il te reste peut-être 30% de tes capacités cognitives. Si les outils qu’on a mis en place ne sont pas compris et ancrés par la répétition, tu n’y penseras pas. C’est ce que permet l‘accompagnement.”
4. Parce que c’est Disneyland
Pendant l’UTMB, Chamonix, c’est Disneyland. Tout le monde vous le dira.
Dans la même journée, vous pouvez croiser Jim Walmsley dans la rue, assister au départ d’une course et à l’arrivée d’une autre, goûter les nouveaux parfums de votre marque de compotes préférée, perdre votre voix à force d’encourager les coureurs, discuter avec le dernier influenceur à la mode dans la file d’attente au supermarché, tester une paire de chaussures à plaques carbone, participer à une conférence d’une athlète que vous adorez… et le lendemain, recommencer.
Certains adorent cette ambiance. D’autres regrettent la dimension trop “commerciale” qu’a pris l’événement, dans laquelle on a parfois du mal à retrouver “l’esprit trail” des premières éditions. C’est un long débat.
Toujours est-il que c’est dans cette ambiance bouillonnante que vous devez prendre le départ de la course la plus importante de votre saison. Tout ça pompe beaucoup d’énergie.
Vous pensiez que ça allait se calmer une fois la course lancée ? Attendez de voir.
Le départ de l’UTMB, c’est un peloton de 2500 coureurs qui sont tous là pour réaliser leur rêve. La musique, les émotions, un départ trop rapide, évidemment. Et pendant les 20 premiers kilomètres, une ambiance digne du Tour de France de chaque côté du sentier.
Tous les préparateurs mentaux le disent : quand vous avez l’habitude de vous entrainer au calme, sur les sentiers à côté de la maison, vous auriez plutôt besoin de partir calmement, d’être dans votre bulle. Ce qui vous attend, c’est tout l’inverse.
Ce contexte assez unique, il faut réussir à le gérer !
5. Parce qu’il faut savoir pourquoi on le fait
C’est vrai, ça, pourquoi on fait tout ça ?
Ce dossard pour l’UTMB, chaque participant a ses raisons d’être allé le chercher. Une course qui fait rêver, l’aboutissement d’un parcours de traileur, des paysages exceptionnels, l’organisation, l’ambiance, un niveau qu’on ne retrouve nulle part ailleurs…
Dans les moments difficiles (il y en aura forcément), c’est cette motivation qui aide à mettre un pied devant l’autre. Alors, son pourquoi, ça vaut le coup de l’avoir bien identifié.
Pour le préparateur mental Clément Mérot, le versant émotionnel est clé dans la réussite d’un projet UTMB :
Pour beaucoup, l’UTMB, c’est un point final. J’ai déjà vu des athlètes qui sont arrivés à l’UTMB avec le sentiment que c’était fait : j’ai mon dossard, je suis à Cham, l’aventure est finie. Ils arrivent sur la ligne de départ, mais ils n’ont plus d’énergie : ça fait 3 ans qu’ils collectent leurs stones, ils sont épuisés à jongler entre la famille, les amis, le boulot…
Quand tu es sur la ligne, tu as parfois l’impression que les 170 km et 10 000 m de dénivelé sont faits, alors que pas du tout. L’enjeu, c’est de comprendre que la finalité, ce n’est pas quand tu quittes Cham, c’est quand tu reviens à Cham. Là, tu pourras te dire que le job est fait. L’après se prépare aussi : est-ce que l’UTMB c’est ta finalité, ou est-ce que c’est une marche de plus ?
6. Parce que l’UTMB, ça se court… en équipe
L’ultra-trail, c’est un sport individuel. Mais pour franchir la ligne d’arrivée, il faut une équipe soudée !
Anne-Lise Le Quéré fait partie des athlètes FUGA qu’on suivra tout au long de l’été. Maman d’une fille de 11 ans, elle concilie son entrainement avec son travail et sa vie de famille. Son témoignage reflète ce que beaucoup d’entre nous vivent aussi à la maison : pour que ça marche, il faut embarquer toute la famille !
Au tout début, mon conjoint n’était pas trop motivé à l’idée de se lever tôt le dimanche pour aller sur un trail. Mais c’est un compétiteur, beaucoup plus que moi : maintenant, il y a pris goût ! Il a envie que je réussisse, il est hyper stressé avant les courses, il peut ne pas dormir pendant des jours avant la course. Il a envie de bien faire aussi, puisque c’est lui qui me fait le ravitaillement.
Il vit le truc à fond. Notre fille aussi sera avec nous sur l’UTMB, ils s’amusent bien tous les deux à faire les ravitos. Ils sont vraiment à fond dans le truc, et tant mieux parce que sinon, ça ne pourrait pas marcher.
Tout au long de l’été, en exclusivité, 3 athlètes FUGA nous ouvriront les coulisses de leur préparation aux courses de l’UTMB 2026.
3 podiums sur la Diagonale des Fous, 3ème du 90 km du Mont Blanc l’an dernier : Jean-Philippe Tschumi fait partie des grands noms de l’ultra-trail. Après une belle 2ème place sur le 100 km de Snowdonia mi-mai, au Pays de Galles, Tschumi est rentré chez lui, en Suisse, pour poursuivre sa prépa. Il vous raconte où il en est dans le message audio ci-dessous !
Anne-Lise Le Quéré cumule son boulot, sa vie de famille et sa passion pour le trail. Après un beau début de saison sur les sentiers bretons, à côté de chez elle, Anne-Lise vient de remporter l’UTPMA et ses 114 km, dans le Cantal. Elle vous partage ses dernières semaines de préparation et son programme d’entrainement dans le message audio ci-dessous !
Valentin Orange est réalisateur de films et de documentaires dans l’univers du trail et de la montagne. Après des participations à la CCC, à l’UTMB et à la TDS ces dernières années, il s’alignera sur les 40 km de la MCC fin août. Dernière étape de sa prépa, une course en Normandie qu’il vous raconte dans le message audio ci-dessous !
🎙 Entrainement, nutrition, stratégie de course, organisation pro et perso... Posez toutes vos questions à Tschumi, Anne-Lise et Valentin : ils y répondront dans les prochains épisodes !
Dans chaque épisode de Cham’ Stories, on vous propose de découvrir un docu pour plonger, en images, dans l’ambiance de l’UTMB.
On en parlait, quand on est coureur amateur, mener de front le boulot, la vie de famille et l’entrainement, ça relève parfois de l’exercice d’équilibriste. Dans ce film, on vous emmène à la rencontre de Mathieu. L’UTMB, il en rêve depuis longtemps. Cette année, ce n’est clairement pas le meilleur moment : un nouveau job, la naissance de deux jumeaux… Évidemment, c’est là qu’il décroche un dossard.
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Qu’avez-vous pensé de cet épisode ? Donnez-nous votre avis !






